1. Formation continue vers les métiers du futur pour les CFC

La Suisse est champion de la formation professionnelle (formation duale, apprentissages), reconnue de manière internationale comme une des clés de succès de l’économie suisse.  Elle peut et doit maintenant inventer un modèle de formation continue pour les CFC qui permette à chacun de développer ses compétences tout au long de sa vie professionnelle. Ce serait également une force unique en matière d’attractivité économique dans le futur.

Constat :

  • La formation continue est essentielle dans un monde où les compétences professionnelles évoluent très rapidement
  • Les diplômés des hautes écoles ont en principe compris l’importance de continuer à se former. Les hautes écoles fournissent des formation continues dans de nombreux domaines.
  • La formation continue des métiers (diplômes CFC) est pour l’instant calquée en grande partie sur la formation initiale des CFC dans le cadre des apprentissages. L’Etat soutient la formation des citoyens en organisant, conjointement avec les associations professionnelles qui fixent les profils de formation, un certain nombre de cursus avec diplôme CFC, permettant ensuite à la personne de faire des offres sur le marché du travail.
  • Aujourd’hui, l’Etat intervient principalement pour soutenir la formation continue des CFC lorsque la personne est en recherche d’emploi, peut-être parce que ses compétences sont devenues obsolètes.
  • La plupart des entreprises (en tout cas industrielles) identifient un problème à trouver les nouvelles compétences professionnelles dont elles ont besoin. Elles consacrent en interne de l’énergie et des ressources à compléter en interne des formations spécifiques pour leurs collaborateurs, en plus des CFC de base des personnes qu’elles engagent.

Idées :

  • Il y aurait un intérêt à externaliser ces efforts dans une nouvelle structure (non profit, soutenue par l’Etat) qui recevrait des mandats des entreprises pour recruter, former et accompagner des collaborateurs (existants ou nouveaux) en fonction d’un profil de compétence défini sur mesure par l’entreprise.
  • L’entreprise mandate et finance le projet de formation basé sur ses besoins spécifiques, éventuellement avec un soutien de l’Etat.
  • Le profil de compétence d’un poste devrait faire l’objet d’une analyse structurée, sur la base d’une méthodologie reconnue. Le profil pourrait comprendre des compétences techniques, mais également des « soft skills », compétences sociales, développement personnel…
  • Les personnes recrutées pour cette formation spécifique ne sont pas seulement des personnes en recherche d’emploi, mais des personnes qui cherchent à progresser de manière proactive dans leur carrière ou acquérir de nouvelles compétences. Elles sont rémunérées pendant leur formation sur le budget fourni par l’entreprise. Entrer dans un cycle de formation n’est donc par un sacrifice financier pour la personne.
  • La capacité de la Suisse à fournir rapidement des forces de travail dans des secteurs technologiques de rupture peut devenir un facteur d’attractivité majeur pour son économie. Notre formation duale (CFC) est excellente et est reconnue comme sur le plan mondial. Si nous réussissons à en faire un projet de formation continue du même niveau, la Suisse dispose d’un avantage compétitif majeur en comparaison avec d’autres économies. On peut imaginer que dans le futur des entreprises s’installent en Suisse non plus pour sa fiscalité attractive, mais pour sa capacité à fournir rapidement des forces de travail de haut niveau dans les secteurs économiques de rupture (médical, numérique, pharma…).

Projet :

  • Au niveau du canton de Fribourg, l’Etat pourrait/devrait soutenir la création d’une fondation à but non-lucratif qui effectuerait de tels mandats de formation pour les entreprises.
  • L’activité de cette fondation n’est pas en concurrence avec les institutions de formation existants. Au contraire, le rôle de la fondation est extrêmement complémentaire et met en valeur le tissu de formation existant. La fondation formalise les besoins des entreprises, recrute les personnes intéressées, conçoit un plan de formation, puis elle sous-traite des modules de formation à des institutions de formation ou des enseignants indépendants à qui elle sous-traite des modules en fonction de leurs compétences respectives.
  • Un tel projet basé à blueFACTORY, à côté d’une gare CFF centrale en Suisse, bilingue, serait un atout majeur pour le rayonnement de Fribourg dans la formation continue en Suisse.
  • De tels structures pourraient se développer de manière similaire dans plusieurs pôles géographiques en Suisse.
  • Au niveau fédéral, la confédération devrait fixer un cadre et soutenir de manière subsidiaire les efforts de telles structures. La politique de formation continue devrait devenir un thème important dans la prochaine législature.

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