6. Développer la mobilité du futur : électrique, partagée et autonome

Il faut développer une politique de la mobilité pragmatique et hors de toute idéologie. Il faut permettre à chacun de se déplacer avec une qualité de service acceptable et avec un impact minimum sur l’environnement, tout en étant conscient que les solutions de transport public des grandes agglomérations ne sont pas facilement transposables à la campagne et dans les zones périphériques. Il faut garantir à tous les suisses, pas seulement les citadins, un accès à la mobilité. La mobilité individuelle ne doit pas devenir un tabou. Dans ce contexte, les nouvelles technologies (électriques, partagées, autonomes…) offrent un champ de développement important et très favorable sur le plan de l’environnement, qu’il ne faut pas négliger. Le train est un composant important de cette politique, mais doit être intégrée dans une vision multimodale de la mobilité. Il ne faut pas prendre du retard dans le développement et la maintenance du réseau routier. Nous en auront encore besoin dans le futur.

Constat

  • La pollution liée à la mobilité pèse pour environ un tiers du bilan carbone de la planète. Il faut évidemment la maîtriser.
  • L’idéologie dominante depuis 20 ans et fondamentalement collectiviste : tout au train, à tout prix.
  • Le train est très compétitif sur le plan écologique à court terme, mais les solutions de mobilité du futur seront encore bien plus efficaces que le train.
  • L’infrastructure routière est largement sous-investie et commence à saturer un peu partout en Suisse.

Analyse

  • Une voiture avec un moteur à combustion pollue entre 100 et 200 gCO2/km
  • Le train fait théoriquement beaucoup mieux (env. 10 gCO2/km) lorsqu’il est plein aux heures de pointe, mais est très mauvais lorsqu’il circule à vide dans les heures creuses. En moyenne un réseau de train qui circule toute la journée de manière cadencée pollue env. 30 gCO2/km de voyageur. C’est mieux que n’importe quelle voiture à combustion, mais c’est moins bien qu’une voiture électrique,
  • La mobilité du futur sera en grande partie électrique, partagée et autonome.

Les technologies du futur

  • Ces technologies du futur arrivent très vite ces prochaines années et la Suisse peut jouer un rôle de leader dans la mise en peuvre de ces nouvelles idées, à cause de son niveau technologique de pointe et surtout parce qu’elle n’a aucune industrie automobile classique à défendre.Fribourg est d’ailleurs potentiellement un pionnier dans ce domaine !
  • L’hydrogène va résoudre les questions d’autonomie en développant la motorisation par piles à combustible. A Bluefactory, Suisse Hydrogen (rachetée par le groupe Plastic Omnium) et le pionnier suisse de l’intégration de l’hydrogène. Michelin travaille également à Givisiez sur la pile à combustible.
  • La société fribourgeoise Softcar SA (soutenue par Capital Risque Fribourg et basée également à blueFACTORY) développe une voiture en biomatériaux de 400 kg. Les réductions de poids permettent de produire une voiture qui est une rupture technologique en matière de bilan carbone, tout en décentralisant la production dans des ateliers distribués près des consommateurs. C’est potentiellement la fin des grandes usines centralisées et robotisées.
  • Becomp SA (à blueFACTORY !) développe des carrosseries en fibre naturelles plus performantes que les fibres de carbone
  • Les TPF sont le premier opérateur de véhicule de transport public à mobilité autonome (au Marly Innovation Center). ROSAS (centre de compétences sur blueFACTORY) est en train de créer un centre national de compétence en matière de véhicules autonomes.
  • Des modèles d’utilisation partagée vont continuer à se développer et de nouveaux modèles vont certainement émerger, en complément avec l’offre de transports publics

Projet au niveau national

Il faut ces prochaines années

  • Soutenir le développement technologique dans notre pays, ainsi que la mise en oeuvre de projets phares. L’agence Innosuisse et l’Office de l’Energie sont des partenaires clés existants. Il faut augmenter significativement leurs moyens dans le domaine de la mobilité du futur pour faire plus et plus vite.
  • Sortir de la philosophie du « tout au train », anticiper sur les besoins d’infrastructure du futur (soutenir notamment la création d’un réseau suisse hydrogène)

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